C’est à l’occasion d’un reportage pour France 2 en compagnie de la journaliste Dorothée Olliéric que cette série a été réalisée.
Depuis 2021, la politique d’enfermement menée s’abat sur les femmes afghanes. En 2022, les jeunes filles ne peuvent plus suivre un enseignement dès le collège, les femmes n’ont plus les moyens de communiquer, ni d’accéder à des emplois, à la santé, ni même aux bains publics. Elles ne peuvent se déplacer sans un mahram (un tuteur masculin). Depuis 2024, l’absence du respect des droits humains s’est encore aggravée. Les voix des femmes et des jeunes filles ne peuvent se laisser entendre en dehors de leur domicile, dont les fenêtres extérieures ont été murées de peur que l’on perçoive leur silhouette. Aujourd’hui, rares sont les militantes restées dans le pays.
Pourtant, en octobre 2004, a eu lieu un moment inédit à l’occasion de l’élection présidentielle : la participation aux urnes sans précédent des femmes afghanes et la présence inouïe d’une femme candidate, le médecin Massouda Jalal. Elle n’était pas juste une candidate, elle était la candidate. Plus de 41 % des 10,5 millions d’électeurs inscrits étaient des femmes. Malgré les défis sécuritaires et culturels, les femmes ont exercé leur droit de vote comme acte de bravoure et d’autodétermination. Ces élections remportées par Hamid Karzai n’amèneront pas la paix, mais un obscurantisme et une invisibilisation orchestrés par les seigneurs des guerres et les talibans qui, multipliant les actions armées, attendaient donc leur heure.
Si aujourd’hui les parcs et les jardins publics sont interdits aux femmes, il existait à Kaboul dans les années 2000, le « Jardin des Femmes ». Safe place emblématique, il constituait un lieu de répit et de socialisation sans la présence des hommes (à l’exception des très jeunes enfants), échappant aux restrictions et aux tensions. Il était le refuge propice à la résilience. Dans ses murs, se tenaient des scènes de vie quotidienne : des femmes se promènent sans le voile, rient ensemble, s’exerce à la gymnastique, des amies partagent un thé, des mères et leurs enfants jouent librement.