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Ce travail photographique sur la ville de Saint-Nazaire s’est construit peu à peu sur le mode déambulatoire. Il s’agit d’une réappropriation d’un espace étrangement familier emprunt d’attraction et plus encore de répulsion. Le souvenir de cet antre natal connu se meut dès lors, par le souvenir et l’image, en antre “reconnu”.
J’ai souhaité photographier la ville non pas comme un paysage mais comme un corps, l’aborder tel un personnage. Chaque détail urbain est une partie de ce corps. Un corps en mutation. Des mutations visibles et fantasmées dont “l’oeil-mémoire” tente d’en révéler les non-dits, les absences, les beautés. Saint-Nazaire est alors ce corps difforme, réinventé par le regard.

J’ai commencé la série avec le format classique 24×36, celui-ci confère au monde une fugacité, caractère d’instanstané qui m’a semblé inadéquat avec la permance des lieux chargés d’histoire.
J’ai alors adopté le format 4,5×6 plus proche du carré, pour rompre avec l’immédiateté. La formalité frontale carrée donne aux images une sorte d’ordre tranquille, une stabilité unique à la composition, pour se concentrer sur l’essence, la texture, les jeux d’ombre et de lumière. Méditation sur le temps, sur la manière dont l’histoire se dépose et se lit à même le paysage.