27, rue Émile Littré

Livre d’artiste, 2008

Photographier une maison vide après la mort de celle qui l’a habitée, ce n’est pas seulement
capturer un espace abandonné. C’est mettre en image une disparition.
Le jour de la mort de ma grand-mère, je suis allée chez elle, seule. Tout était encore à sa place.
Chaque image contient en creux, la perte. La couleur devient une ruse. Elle donne aux choses
de la chaleur qui ne leur appartient plus. Elle maquille l’effacement. Ce travail n’est pas une
tentative de mémoire. Il est au contraire, un face à face avec ce que la mémoire ne suffit plus à
maintenir : l’instant où un lieu cesse d’être un chez-soi.